Les euclidiennes d'Eugène Guillevic 


Eugène Guillevic est l'un des plus importants poètes français de la seconde moitié du XXe siècle.
On peut trouver sur le site "Au fil de mes lectures" quelques citations relevées par Gilles G. Jobin.

Mais Eugène Guillevic nous intéresse, sur Blog à Maths, pour son recueil Euclidiennes. Il s'agit d'un recueil poétique qui se donne à lire comme un répertoire de figures géométriques, une sorte de manuel usuel de mathématiques, qui recense et définit des notions essentielles (la droite, le point, le cercle...).

On le trouve sur amazon, précédé de "Du domaine".

Exemples :
Droite

Au moins pour toi,
Pas de problème.
Tu crois t'engendrer de toi-même
A chaque endroit qui est de toi,
Au risque d'oublier
Que tu as du passé,
Probablement au même endroit.
Ne sachant même pas 
Que tu fais deux parties
De ce que tu traverses,
Tu vas sans rien apprendre
Et sans jamais donner.

Carré

Chacun de tes cotés
S'admire dans les autres.
Où va sa préférence?
Vers celui qui le touche
Ou vers celui d'en face?
Mais j'oubliais les angles
Où le dehors s'irrite
Au point de t'enlever
Les doutes qui renaissent.

Triangle isocèle

J'ai réussi à mettre
Un peu d'ordre en moi-même
J'ai tendance à me plaire.

Triangle équilatéral

Je suis allé trop loin
Avec mon souci d'ordre.
Rien ne peut plus entrer.

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Gösta Mittag-Leffler 

Le mathématicien suédois Gösta Mittag-Leffler est mort le 7 juillet 1927.

Il a créé en 1882 la revue "Acta Mathematica" où ont publié les grands mathématiciens de l'époque comme Cantor ou Kovalesky. Mais il est aussi surtout connu à cause de la légende tenace selon laquelle il aurait eu une liaison avec Sophie Hess, qui aurait pour cette raison délaissé Alfred Nobel; aigri à cause de cette histoire, celui-ci aurait décidé de ne pas accorder de prix aux travaux des mathématiciens.

Citation :
"Les meilleurs travaux des mathématiciens sont de l'art, un art très perfectionné, défiant les rêves les plus secrets de l'imagination, clairs et limpides.
Le génie mathématique et le génie artistique se touchent l'un l'autre."


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L'Antimémoire des Shadoks 

Les vacances arrivant à grands pas, je viens de lire "Les Shadoks et le désordinateur", textes et dessins de Jacques Rouxel. (sur amazon).

L'extrait qui suit m'a semblé particulièrement intéressant...

Pour les aider à se débarasser de tout ce qu'il ne fallait pas savoir, les Shadoks avaient créé l'Antimémoire. C'était un grand machin à base de mécaniques subtiles, concasseurs de connaissances, broyeurs à savoir, etc. On le promenait de chaumière en chaumière et il récupérait tout ce que les Shadoks pour leur hygiène culturelle étaient obligés d'oublier. Quand, par maladresse, paresse ou inadvertance, le Shadok, dans un moment d'oubli en quelque sorte, se souvenait de quelque chose, l'Antimémoire rappliquait dare-dare. On lui disait "je veux pas le savoir" et l'Antimémoire aussitôt jetait ça dans ses tiroirs. Le reste du temps, il vivait dans les champs ou il ruminait de la mathématique et de la cybernétique, de la logique formelle et du calcul différentiel. La civilisation shadok grâce à ses soins allait bon train. L'Antimémoire grandissait en âge et en vigueur et prit le nom d'ordinateur.

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Henri-Léon Lebesgue 


Le mathématicien français Henri-Léon Lebesgue est né le 28 juin 1875.
Il est reconnu pour sa théorie d'intégration publiée initialement dans sa dissertation "Intégrale, longueur, aire". Il a aussi mis au point une théorie des fonctions mesurables (1901) en se basant sur les résultats d'Émile Borel.
Des "Lettres d'Henri Lebesgue à Émile Borel" ont été publiées dans les Cahiers du séminaire d'histoire des mathématiques. (voir Numdam).
Le livre "La Genèse de l'intégrale : Lettres d'Henri Lebesgue à Émile Borel (1901-1918)" (Vuibert 2004) permet de découvrir la genèse d'une invention déterminante en Mathématiques, celle de la théorie de l'intégration.
Sur amazon ...
Citations :
- Le seul enseignement qu'un professeur peut donner, à mon avis,
est de penser devant ses étudiants.
- Faire comprendre un résultat, c'est essentiellement l'intégrer 
dans  un tout cohérent dont certaines parties sont déjà bien 
familières.
- Il y a plusieurs manières de comprendre les mathématiques donc 
il y a plusieurs manières de les enseigner.

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John Tukey et la boite à moustaches 


Le mathématicien statisticien américain John Wilder Tukey est né le 16 juin 1915.
Il est particulièrement connu pour son développement, avec James Cooley de l'algorithme de la transformée de Fourier rapide.
Parmi les petites choses qu'on lui doit aussi se trouve la boîte à moustaches bien connue des lycéens français.

Citation :
"Dans un monde où le prix du calcul continue à diminuer rapidement, alors que le prix de la démonstration d'un théorème est stable ou augmente, les principes élémentaires de l'économie indiquent que nous devrions utiliser une part de plus en plus grande de notre temps à faire des calculs."

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Le travail du mathématicien 


D'après Ronald Graham (directeur du service de recherches mathématiques des laboratoires AT&T Bell), le mathématicien est le seul scientifique qui soit en droit de dire : "Je m'allonge sur le canapé, je ferme les yeux et je travaille."

Sources
La citation vient de "Les énigmes mathématiques du 3e millénaire" de Keith Devlin (sur amazon...)).
Le Pixel sofa, un canapé pour geek a été trouvé sur "Le Blog Déco".

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Citation de Edward Charles Titchmarsh 


Le mathématicien britannique Edward Charles Titchmarsh est né le 1er juin 1899.
Spécialiste de l'analyse classique, son cours sur la théorie des fonctions, publié en 1932, a influencé toute une génération de mathématiciens.
On lui doit aussi la citation suivante :

"Il peut n'y avoir aucun intérêt pratique à savoir que pi est irrationnel, mais s'il est possible de le savoir, il serait intolérable de ne pas le savoir."
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Les raisonnements de mathématique sont faits comme l'amour 

Un extrait des "Entretiens sur la pluralité des mondes" de Bernard Le Bouyer de Fontenelle.

Ecoutez, Madame, répondis-je, puisque nous sommes en humeur de mêler toujours des folies de galanterie à nos discours les plus sérieux, les raisonnements de mathématique sont faits comme l'amour. Vous ne sauriez accorder si peu de chose à un amant que bientôt après il ne faille lui en accorder davantage, et à la fin cela va loin. De même accordez à un mathématicien le moindre principe, il va vous en tirer une conséquence, qu'il faudra que vous lui accordiez aussi, et de cette conséquence encore une autre; et, malgré vous-même, il vous mène si loin, qu'à peine le pouvez vous croire. Ces deux sortes de gens-là prennent toujours plus qu'on ne leur donne.

Le livre sur amazon...

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